L’endettement, un levier d’enrichissement ?

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Uptrend stacks coins, dices cube with the word GO on the financial stock charts as background. Selective focus

Quand il s’agit d’investir, une question se pose : est-il plus intéressant de puiser sur les fonds propres de l’entreprise pour mener à bien un projet ou plutôt de contracter un emprunt auprès d’un organisme tiers ? Si la première option présente, a priori, moins de risques pour la société, la seconde possède un avantage non négligeable : elle augmente sa capacité d’investissement. La décision se prendra souvent après l’étude de « l’effet de levier » potentiel généré par l’endettement. CompareLend.com fait le point.

Selon la plupart des définitions, « l’effet de levier » est le rapport entre le taux de rentabilité de l’actif économique après imposition et le coût d’une dette contractée pour un investissement. Il sert à mettre en évidence l’avantage pour un entrepreneur de s’endetter, plutôt que de simplement s’appuyer sur ses capacités financières. Le levier sera positif si l’opération engendre des profits et négatif dans le cas inverse. Concrètement, si en empruntant 1 000 €, via CompareLend.com, un investisseur produit assez de richesses pour rembourser sa dette, payer ses charges et sortir un bénéfice de 100 €, le pari est gagné. C’est une technique d’autofinancement qui permet, dans le cadre d’un cercle économique vertueux, d’augmenter la rentabilité des capitaux propres d’une entreprise.

Le Leveraged buy-out : la recette du succès

Pour bien comprendre ce que l’effet de levier peut apporter à un entrepreneur, on peut se pencher sur le cas du champion français en la matière : Patrick Drahi. Le patron, souvent controversé, du groupe Altice (SFR-Numéricable, Virgin Mobile, Libération, L’Express…) a constitué un véritable empire dans les télécoms et le multimédia en s’appuyant essentiellement sur les « Achats à effet de levier » (AEL) ou « Leveraged buy-out » (LBO). Cette technique consiste à racheter une entreprise grâce à un emprunt qui sera par la suite remboursé par l’entreprise elle-même. Grâce à un business plan solide et un management adapté et modernisé, le LBO peut ainsi permettre à une société en perte de vitesse de retrouver de la compétitivité et de renouer avec le profit, malgré le coût de l’emprunt. Cette « méthode Drahi » lui a permis de se hisser au 5e rang des plus grandes fortunes de France, avec un patrimoine évalué à 14 milliards d’euros, quand son groupe cumule près de 50 milliards de dettes.

D’autres grandes marques comme Duracell, Harley Davidson ou encore Picard ont profité du LBO pour se renouveler et maintenir une forte croissance économique. La maison Picard, qui a un temps appartenu à Carrefour, est un modèle du genre. Depuis 2001, le groupe est passé entre les mains de plusieurs fonds d’investissements (Candover, BC Partners, Lion Capital) et, à chaque reprise, l’effet de levier a été positif. Pour les investisseurs successifs, Picard s’est révélé être une valeur sûre du marché de l’agroalimentaire avec un chiffre d’affaires avoisinant le 1,5 milliard d’euros annuel. En 2015, l’enseigne a emprunté près de 800 millions d’euros, portant son endettement à hauteur de 88%, ce qui n’a pas empêché le groupe suisse Arysta d’investir 910 millions d’euros, en plus de la reprise de la dette, pour racheter l’entreprise.

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Eviter « l’effet boomerang »

Le recours à l’endettement peut donc permettre au chiffre d’affaires et à la rentabilité d’augmenter de façon exponentielle, néanmoins la stratégie de l’entreprise doit être claire et efficace sans quoi le retour de bâton peut être dévastateur. Les économistes appellent cela, « l’effet boomerang » ou « effet de massue ». Dans le cadre d’un prêt immobilier par exemple, si l’emprunteur ne parvient pas à louer son bien ou si le marché s’effondre et que les loyers ne suffisent plus à couvrir les frais engagés, le propriétaire peut perdre beaucoup d’argent, allant jusqu’à l’hypothèque dans le pire des cas. C’est l’un des mécanismes qui a favorisé la crise des subprimes en 2007, aux Etats-Unis. Les prêts à taux variables proposés, à l’époque, à des petits épargnants issus de la classe moyenne, leur promettaient un effet de levier très alléchant. Mais l’augmentation du chômage et l’effondrement du marché de l’immobilier ont fait péricliter le système. Les emprunts, devenus toxiques, ont vu leurs intérêts monter en flèche, le taux de non-remboursement a passé la barre des 15%, ce qui a entraîné la faillite des organismes de crédit et, par ricochet, la ruine de milliers de petits propriétaires.

Pour se prémunir de ce genre d’écueil, l’investisseur se doit de bien appréhender le risque inhérent à la recherche d’un effet de levier. Sans être trop gourmand, il faut trouver le juste milieu entre endettement et prévisions de croissance. Dans cette stratégie, le choix de l’organisme prêteur revêt une importance primordiale. Des intérêts trop élevés peuvent vite faire basculer le taux de rentabilité du mauvais côté de la balance. Si le reflexe reste encore de se tourner, en premier, vers les banques, ce ne sont pas toujours ces dernières qui offrent les meilleures garanties. Le recours au prêt participatif, ou crowdlending, par exemple, devient une alternative de plus en plus crédible et compétitive pour les patrons audacieux. Des outils numériques comme celui proposé par CompareLend.com, permettent ainsi de confronter les offres de plusieurs créanciers potentiels et de mettre en lumière les taux d’intérêt les plus intéressants. Reste à l’entrepreneur de faire le maximum pour mener un projet à la hauteur de ses ambitions sans, pour autant, avoir les yeux plus gros que le ventre.

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Formé à la faculté de Montpellier par Edwy Plenel et Paul Alliès, Guillaume Rizzo est reporter depuis 2010 et photographe depuis toujours. Journaliste éclectique, il est passé par les rédactions de Libé, Midi Libre ou encore Busk magazine. Son leitmotiv c'est la curiosité, car "l'important est de ne pas cesser de poser des questions" (A. Einstein).

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